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La grève se poursuit, aucune solution en vue

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La grève se poursuit, aucune solution en vue

Les avocats du barreau de Port-au-Prince ont poursuivi, vendredi, leur mouvement pour continuer d’exiger la révocation du chef du parquet de Port-au-Prince, Me Francisco René. Alors qu’ils organisaient un sit-in devant le bureau de ce dernier, les hommes de loi ont dû mettre fin prématurément à leur mouvement quand un liquide jaunâtre dégageait une odeur nauséabonde devant le bureau du commissaire du gouvernement…

Le chef du parquet de Port-au-Prince n’aurait pas pu travailler, vendredi, s’il s’était présenté à son bureau. Le vacarme produit par les sifflets, les cloches, les flûtes et les tam-tams des dizaines d’avocats du barreau de Port-au-Prince l’auraient certainement perturbé. Après sa marche organisée le 6 novembre, le barreau de Port-au-Prince a poursuivi son mouvement par un sit-in dans les locaux du parquet. Cependant, le mouvement n’allait pas durer trop longtemps. 

Les avocats, dont la grande majorité était vêtue de leur toge, se sont d’abord réunis à l’auditorium du barreau pour écouter les premiers mots du bâtonnier de l’ordre des avocats de Port-au-Prince, Me Carlos Hercule. Tout de suite après, ils se sont dirigés vers le parquet que ses employés ont déserté ce vendredi. Selon les avocats, Me Francisco René ne s’est pas présenté à son poste depuis hier jeudi. « Il a choisi de ne pas se présenter à son bureau, c’est qu’il a abandonné son poste », a lâché Me Carlos Hercule.

Alors que les avocats continuaient leur mouvement, quelques minutes après, une odeur nauséabonde se dégageait soudainement. Des matières fécales dans un sachet sont constatées devant le bureau du chef du parquet. Mais les avocats ne veulent pas utiliser ce terme. Ils préfèrent parler de « subsistance jaunâtre d’une odeur nauséabonde ». Un juge de paix a toutefois constaté légalement que le bureau du chef du parquet a été badigeonné de matières fécales et que les serrures principales du bureau ont été brisées par des personnes identifiées.

Le barreau, révolté, accuse le commissaire du gouvernement qui, selon lui, aurait eu des discussions la veille dans la soirée avec des particuliers, pour affronter les avocats. « C’est par cette odeur nauséabonde que Me René Francisco a reçu un sit-in du barreau, a tempêté le bâtonnier. Cependant, Me Francisco René s’est trompé, car nous allons poursuivre notre mouvement, lundi, mardi, mercredi, jeudi et vendredi jusqu’à ce qu’il parte. »

Des slogans contre le chef du parquet, il n’en manquait pas. « Nous ne voulons pas de Francisco », « arbitraire: non; Etat de droit: oui », « il doit partir », « Bye bye Francisco », sont, entre autres, des propos scandés par les hommes de loi qui déclarent le chef du parquet persona non grata depuis plusieurs semaines.

De son côté, Me Aviol Fleurant a qualifié la scène vécue au parquet d’ « affront fait aux avocats, à la justice et au pays».  Il ne comprend pas pourquoi l’exécutif a confié une telle tâche à quelqu’un qui est contesté partout. « Comment l’exécutif peut-il choisir un chef de juridiction aussi contesté ?, s’est-il demandé. Un commissaire du gouvernement qui a été chassé à Miragoâne, à Aquin puis à Port-de-Paix et qui doit être chassé à Port-au-Prince. »

« Quand des avocats gagnent des rues, c’est un signe que la justice du pays va mal, a souligné Me Aviol Fleurant. Le pays est veuf de démocratie, d’Etat de droit… »

Et les prévenus, qui doivent encore prendre leur mal en patience,  sont, quant à eux, veufs de justice.

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