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Péligre : grande réhabilitation en vue

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Péligre : grande réhabilitation en vue

Quelque 70 millions de dollars américains sont débloqués pour réhabiliter la centrale hydroélectrique de Péligre. Au terme de ces travaux qui s’étaleront sur 36 mois, les trois turbines pourront fonctionner à plein régime et fournir 18 mégawatts chacune.

Les grands moyens vont être déployés pour réhabiliter la centrale hydroélectrique de Péligre  confie au journal l’ingénieur Jean Marcel Pinard, directeur de la planification de l’ED’H.  Dans le pot, la BID  a mis 35 millions, l’OFID (Fonds de développement de l’OPEP) 15 millions de dollars et la Banque allemande de développement (KFW) 20 millions d’euros pour effectuer ces travaux qui s’étaleront sur 36 mois,  explique ce haut cadre de l’Electricité d’Etat d'Haïti.

Pour cette centrale en opération depuis juillet 1971, il y a quelques précautions à prendre.  «Une marge d’imprévus de 10 % du coût de réhabilitation a été établie», indique l’ingénieur Pinard. Pendant la durée des travaux, qui comporte un volet de désensablement du lac pour une enveloppe de 20 millions de dollars, une des trois turbines sera maintenue en opération. « C’est pour éviter un rationnement trop sévère du consommateur », assure  Jean Marcel Pinard. A la fin des travaux, chaque turbine pourra fournir 18 mégawatts»,   table le directeur de la planification de l’ED’H.

Face à l’obligation de réhabiliter les lignes de transmission qui viennent de Péligre, une étude est en cours. Elle comportera éventuellement  le déplacement de certains pylônes électriques. «Des financements devront provenir de la BID et du Fonds pour la reconstruction d’Haïti (FRH)», selon Jean Marcel Pinard. «Les travaux subaquatiques et le désensablement du lac devront débuter au mois de décembre», révèle ce haut responsable.

Les soucis de la centrale

Conçue sous la présidence de Dumarsais Estimé, réalisée par Paul Eugène Magloire, transformée par François Duvalier et inaugurée comme centrale hydroélectrique sous Jean-Claude Duvalier, la centrale de Péligre reste l’une, si ce n’est l’unique, des réalisations de cette envergure en Haïti. Elle est aussi un rare exemple de continuité de l’Etat. Ces temps-ci, l’état de cette infrastructure qui produit de l’électricité, régule l’irrigation de la vallée de l’Artibonite, a donné des sueurs froides. Elle est confrontée à des problèmes de tous genres, selon une étude dont le journal a obtenu une copie. Cette centrale, selon cette étude, est confrontée à trois types de problèmes. Des éboulements sur la route nationale numéro 3 obstruent les fossés, menacent la partie en aval où se trouvent les installations techniques du barrage.
La piste rurale, réalisée dans la 1re section de Petit-Fond (commune de Lascahobas), engendre des inondations et des coulées de boue dans les salles techniques du barrage, et la voie technique surplombant le barrage est utilisée pour la circulation des voitures et des motocyclettes.

Eboulements, inondations, circulation

Le talus en amont de la route nationale numéro 3 en contre-haut des installations de l’EDH n’est pas stabilisé. Les caniveaux de drainage sont bouchés par les éboulements. Lors des pluies torrentielles, de l’eau traverse la route et des coulées de boue se déversent dans les installations électriques de haute tension. Plusieurs sous-stations sont affectées par ces coulées de plus en plus fréquentes dans un environnement progressivement dégradé à cause de la coupe des arbres et fragilisé par certains travaux sur la route nationale numéro 3. L’eau, quand il y a des averses plus ou moins importantes, s’invite partout. Elle pénètre dans le poste technique comprenant les turbines et les générateurs. Il y a désormais des dépôts de boue dans les canalisations menant vers les turbines.

Dans la partie intérieure du barrage, on retrouve également de la boue séchée sur la plate-forme en béton au pied du barrage, dans une zone devant rester propre pour détecter toute fissuration éventuelle. Les désordres causés par le nouveau chemin rural sont nombreux. « Ce chemin n’a pas été réalisé dans les règles de l’art. Les talus en amont ont été coupés sans confortement, entraînant leur érosion et le déversement de matériaux dans le lac en amont du barrage. L’imperméabilisation engendrée par cette construction sans drainage entraîne des inondations au sein même des installations techniques du barrage.
Les talus, en aval, le long du chemin rural, s’érodent lors des pluies, menaçant la route elle-même. Des habitations sur le talus en amont menacent de s’effondrer avec le talus », relève cette étude. Elle informe également de la circulation de véhicules sur la voie technique surplombant le barrage de Péligre dans toute sa longueur. Cette voie comporte des ouvrages techniques fixes et sur rails, destinés à l’exploitation du barrage. L’exploitation du barrage n’est pas compatible avec une circulation publique de véhicules comme c’est le cas actuellement, selon cette étude.
Roberson Alphonse

Le Nouvellite

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