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L’ouverture de la session législative extraordinaire

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L’ouverture de la session législative extraordinaire

Pas moins de 18 sénateurs et 59 députés  ont assisté, vendredi, à la séance d’ouverture de la session extraordinaire de l’année législative 2013 convoquée par le président Michel Joseph Martelly. Les parlementaires auront à travailler, en chambre séparée, sur un menu constitué de dix points dont six projets de loi et quatre traités internationaux. 

Si le vote de la loi électorale sert de prétexte pour cette convocation, il n’en demeure pas moins pour les projets de loi sur les partis politiques, sur le Fond national de l’Education, sur le commerce électronique, sur les échanges électroniques ou sur la signature électronique. Les quatre instruments internationaux concernent surtout le traité ratifiant le rapport entre le royaume d’Espagne et la République d’Haiti, l’accord de partenariat entre les Etats Caraïbes Pacifique (ACP), l’accord entre les Etats-Unis du Mexique et Haiti.

Un discours polémique…

Le président de l’Assemblée nationale, Dieuseul Simon Desras,  n’a pas raté  cette occasion pour tirer des flèches à l’endroit du premier mandataire de la Nation pour qui son aversion grandit à un rythme vertigineux. « Les rues de Port-au-Prince, du Cap-Haitien, des Cayes, etc. sont agitées des soubresauts de l’action citoyenne grimpant à l’assaut des bastilles édifiées par un pouvoir qui a peur des droits et des libertés publiques, tance Dieuseul Simon Desras, faisant allusion aux récentes manifestations anti-Martelly.  Des blessés et des morts sont restés sur le carreau après le passage de la cavalcade expéditionnaire à Vertières. Le message de réconfort et de condoléances n’est venu que du camp des démocrates, de militantes victimes de la brutalité d’une garde prétorienne. Le Parlement salue le courage du peuple revendicatif, appelle à soigner les blessés et à donner une sépulture aux morts. »

C’est dans ce contexte, poursuit-il, que le président de la République lance à Vertières son appel solennel à l’unité et au dialogue.« On ne sait que penser de cet appel, quand,  dans ce même discours, saisi d’une frénésie guerrière, il cria: Aya ! Aya ! Devan devan nèt ! », fulmine le sénateur Desras soulignant que « le sang des combattants tombés sous les balles assassines, le 18 novembre, fertilise les chemins où nous appellent la libération et le bonheur de la nation».

Le parlementaire a toutefois appelé ses collègues (députés et sénateurs) à se mettre au travail jusqu’à l’épuisement du menu de la convocation à l’extraordinaire. «  Mais nous ne manquerons pas, dans cette conjoncture d’épreuves et de gestion partisane, inégale et litigieuse de l’Etat, d’entretenir l’assemblée de questions d’intérêt général », a-t-il laissé entendre, arguant que ce n’est pas l’urgence qui motive cette convocation, mais c’est bien la vox populi, vox Dei qui crie dans les villes, dans les communes, dans les sections. Ce sont les foules qui déferlent montrant la porte au locataire du Palais national ; c’est l’étau qui se resserre autour d’un pouvoir sommé par les donneurs d’ordre de se conformer sans délai aux impératifs de la gouvernance démocratique…

Dieuseul Simon Desras n’a non plus manqué de critiquer acerbement les programmes sociaux mis sur pied par l’équipe au pouvoir. « Les distributions de miettes dans le cadre des programmes d’assistanat qui infestent le champ de la protection sociale ne sont que des pratiques aliénantes pour grossir les rangs d’une clientèle à des fins électoralistes. Les distributions d’enveloppes chargées encouragent la mendicité et l’oisiveté en aval alors qu’elles justifient en amont des comportements illégaux, informels dans la gestion de fonds publics marquée du sceau de la corruption et de la gabegie. »

Un Etat de droit en peau de chagrin.

Toujours d’après le parlementaire du Centre, l’Etat de droit tant prôné par le pouvoir  en place atteint de logorrhée est l’objet d’une propagande creuse et indécente. « Le président de la République est en rébellion ouverte contre la Constitution et la loi. Des actes flagrants de violation des instruments juridiques, des principes démocratiques, des règles déontologiques, des balises normatives sont à mettre au passif du chef de l’Etat. Il a fait des nominations de juges en transgression de la loi ; il ignore avec arrogance les échéances électorales ; il s’oppose arbitrairement à l’élection des juges de la CSC/CA ; il violente le pouvoir législatif en refusant de promulguer et de publier les lois votées ; il arme des civils qui troublent l’ordre public ; il fait libérer des partisans coupables d’infractions criminelles (drogue, kidnapping, contrebande) ; il politise la police ; il pollue les mairies et en fait des repères de brigands ; il menace en permanence le Parlement et l’ordre constitutionnel et démocratique. .. »

Pour le sénateur Desras, Michel Martelly est devenu un fauteur de troubles accusé du blocage des institutions. « Le tiers du Sénat, les collectivités territoriales ne sont pas renouvelés faute d’élections ; la Cour des comptes, les tribunaux sont bloqués, faute par l’exécutif de respecter la Constitution et la loi ; les institutions telles que le Conseil Electoral permanent, le Conseil constitutionnel ne peuvent voir le jour faute d’élections», lance-t-il.

Les parlementaires divisés…

Les parlementaires pro-Martelly n’ont pas pris de temps pour s’insurger contre le président de l’Assemblée nationale. « Aya,aya, aya !!! »,a ironisé le député Garcia Delva de la majorité présidentielle alors que le sénateur Desras venait tout juste de terminer son discours. Le député-musicien a fait ainsi référence à ce que disait le chef de l’Etat lors de la commémoration du 210e anniversaire de la Bataille de Vertières. « C’est le discours d’un président du Sénat en opposition avec le pouvoir en place, nuance le sénateur Wenceslass Lambert, fervent défenseur du régime. Je ne m’attends pas à autre chose ! Mais c’est bien malheureux, le discours n’est pas bienvenu ! » A l’instar de son collègue du Sud-Est, Edwin Daniel Zenny déclare que le discours n’est pas à la hauteur.

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