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La nouvelle stratégie de Benoît XVI pour la Chine

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Le nouvel évêque de Shanghaï Mgr Thaddeus Ma Daqin a été nommé avec l'accord du Vatican. Le nouvel évêque de Shanghaï Mgr Thaddeus Ma Daqin a été nommé avec l'accord du Vatican.

Le Vatican a annoncé l’excommunication d’un évêque chinois qui avait été ordonné vendredi 6 juillet à Harbin, dans l’extrême nord-est de la Chine, sans l’accord du pape.

Pourquoi cette excommunication ?

L’excommunication par Benoît XVI, rendue publique mardi 10 juillet, du P. Yue Fusheng, ordonné évêque vendredi 6 juillet à Harbin (nord-est de la Chine) était attendue : le Saint-Siège avait déjà mis en garde ce prêtre dont l’ordination avait été décidée par l’Église officielle de Chine, mais sans l’accord du pape. 

Fait rare, la Congrégation pour l’Évangélisation des peuples avait même publié une note, le 3 juillet, rappelant que « la nomination des évêques n’est pas une affaire politique, mais religieuse ». Par conséquent, « elle ne peut se faire sans mandat du pape ».

Est-elle révélatrice d’une nouvelle stratégie du Saint-Siège ?

Venu en France, en mai dernier, pour une série de conférences, le cardinal Joseph Zen, évêque émérite de Hong Kong, avait vivement critiqué la politique du Saint-Siège depuis 2007, date de la publication de la lettre de Benoît XVI aux catholiques de Chine. 

Selon le cardinal, les responsables romains, notamment le cardinal Diaz, alors à la tête de la Congrégation pour l’Évangélisation des peuples, n’avaient pas respecté ce texte, qui définit pourtant de manière claire les relations entre l’Église de Chine et le successeur de Pierre, et s’étaient montrés trop conciliants avec Pékin. Ce qui avait amené l’Association patriotique des catholiques chinois (proche du pouvoir) à redoubler d’effort pour convaincre des évêques, pourtant fidèles au pape, de la rejoindre et diviser ainsi la communauté catholique.

Or la lettre de Benoît XVI précise bien « l’incompatibilité avec la doctrine catholique des principes sur lesquels se fonde l’association patriotique ». Les tenants de cette politique du compromis à Rome espéraient desserrer progressivement la contrainte sur les catholiques chinois. 

Hélas, comme le notait le cardinal Zen, sur les deux objectifs poursuivis par Rome, à savoir la reconnaissance de relations diplomatiques entre la Chine et le Saint-Siège et la liberté religieuse, cette politique de conciliation a totalement échoué.

En quoi consiste cette nouvelle stratégie ?

La nomination en mai 2011 de Mgr Fernando Filoni, comme nouveau responsable de la Congrégation pour l’Évangélisation des peuples, un bon connaisseur de la Chine, et comme secrétaire (numéro 2) de P. Savio Hon Tai-Fai, un salésien chinois, marque une inflexion vers une plus grande fermeté romaine. 

La lettre envoyée la semaine dernière par la Congrégation, tout comme l’excommunication prononcée mardi 10 juillet, en sont les preuves. Le Saint-Siège veut éviter de tomber dans le piège tendu par l’Association patriotique. 

L’attitude, samedi 7 juillet, du tout nouvel évêque auxiliaire de Shanghaï Mgr Thaddeus Ma Daqin est encourageante : lors de son ordination – avec l’approbation du pape –, le nouvel évêque « officiel » a déclaré qu’il démissionnait des fonctions qu’il occupait au sein de l’Association patriotique des catholiques chinois. « Un geste prophétique, selon Régis Anouil, rédacteur en chef d’Églises d’Asie , attendu non seulement par Rome, mais aussi par les catholiques chinois, restés fidèles au pape. »

ISABELLE DIDIER

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