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La MINUJUSTH arrive

Jovenel Moise et Sandra Honore

La Mission des Nations unies pour la stabilisation en Haïti (MINUSTAH), septième mission de maintien de la paix en Haïti, prend fin officiellement ce jeudi 5 octobre. Cependant, les Nations unies ne quittent pas pour autant le pays car la transition vers une autre mission sera effective sitôt que la MINUSTAH aura été dissoute. Le président Jovenel Moïse, le DG de la PNH Michel-Ange Gédéon, plusieurs anciens chefs d’État et de gouvernement, des personnalités de la société civile et du corps diplomatique, parlementaires et maires ont fait le déplacement pour assister à cette cérémonie officielle de clôture de la mission à l’ancienne base des Brésiliens, à Tabarre.

Plus de 13 ans après le déploiement des Casques bleus, le Conseil de sécurité des Nations unies a, en avril dernier, pris la résolution 2350 pour fixer au bout de six mois la fin de la Mission des Nations unies pour la stabilisation en Haïti (MINUSTAH). Cette échéance étant arrivée, le personnel civil, les militaires – environ 2370- et les policiers composant la mission ont définitivement plié bagages.

Dans une semaine, pas un seul soldat des forces onusiennes ne sera aux côtés des policiers haïtiens pour assurer la sécurité du pays. Mais le président Jovenel Moïse se veut rassurant. Il prend à bras-le-corps la mission de stabilisation du pays. « En tant que chef de l’État, je consacre toute mon énergie à la stabilisation du pays. Le programme du gouvernement se focalise tout particulièrement sur la concrétisation de cette nécessaire et noble tâche », a déclaré le président Moïse dans une courte intervention pour prendre de grands engagements.

Pour toutes les résistances qu’il pourrait rencontrer, Jovenel Moïse compte sur le patriotisme et le civisme des uns et des autres pour favoriser le « tèt ansanm et le kombit nasyonal », en vue de renforcer la démocratie et consolider la paix sociale dans le pays. « Malgré la persistance de quelques foyers de tensions politiques et sociales, les acteurs politiques haïtiens sont conscients de leur impérieux devoir politique et civique d’engendrer un climat de stabilité politique dans le pays », a-t-il avancé.

Sandra Honoré a dressé un bilan des réalisations de la mission après avoir rappelé le contexte dans lequel les troupes onusiennes ont foulé le sol. « Lors du déploiement de la MINUSTAH en 2004, Haïti était dans un état de profonde instabilité institutionnelle et de violence criminelle. L’autorité de l’État était limitée à certains endroits de la capitale et la police était déstructurée », a-t-elle détaillé afin de « tirer les leçons et pour éviter un retour de l’histoire. » Après la clôture de la Mission de police civile des Nations Unies en Haïti (MIPONUH) en 2000, les casques bleus sont revenus en 2004.

Pour la représentante spéciale du secrétaire général pour Haïti, Sandra Honoré, le pays a aujourd’hui « un cadre plus stable et sécurisé qui a rendu possible le départ de la MINUSTAH et la transition vers une autre configuration de la présence des Nations unies en Haïti.» Elle a parlé d’un « retour à l’ordre constitutionnel », de 10 cycles électoraux bouclés, trois présidents élus au suffrage universel et l’élection aussi des autorités locaux sur tout le territoire national, grâce aux quatre objectifs que la mission des Nations unies poursuivait. Mme Honoré croit que tous ces objectifs : « Établissement d’un environnement sécurisé et stable, stabilité politique par le renforcement des institutions, développement et professionnalisation de la police nationale, ainsi que la restauration de l’État de droit » ont été atteints. Elle les considère comme des acquis à préserver entre-temps.

Toutefois Sandra Honoré a aussi un regret. Non pas à cause de l’épidémie du choléra parue en octobre 2010 qui a provoqué la mort de milliers de personnes, et que dans l’introduction de laquelle l’ONU reconnaît avoir joué un rôle, mais à cause du pouvoir judiciaire qui, malgré la mise en place de son organe d’administration, le Conseil supérieur du pouvoir judiciaire (CSPJ), n’est pas totalement indépendant des deux autres pouvoirs de l’État « notamment du fait d’une faible allocation budgétaire pour son fonctionnement. »

La MINIJUSTH pour succéder à la MINUSTAH

La Mission de maintien de la paix de l’Organisation des Nations unies en Haïti lancée depuis 2004 se transformera à partir du 16 octobre prochain en Mission des Nations unies pour l’appui à la justice en Haïti (MINUJUSTH). Ce sera une mission de plus petite taille et son mandat axé sur la consolidation de l’Etat de droit et des services de police. « […] Elle continuera l’appui à la police nationale, le renforcement de l’État de droit et le suivi de la situation des droits humains », a indiqué Sandra Honoré.

La MINUJUSTH devra compter jusqu’à sept unités de police constituées – soit 980 personnes – réparties dans les départements de l’Ouest, l’Artibonite, les Nippes, le Nord et la Grand’Anse pour une période initiale de six mois allant du 16 octobre 2017 au 15 avril 2018. Et 295 policiers hors unités constituées dans tous les dix départements du pays en appui à la PNH. Elle aura aussi 351 civils basés à Port-au-Prince dont la moitié sera des nationaux.

Ricardo Lambert source la nouvelliste

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