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Affaire Dormella : «La Croix-Rouge ne fabrique pas de sang», dixit le Dr Guito Jean

Dans le différend ayant opposé la Croix-Rouge haïtienne et les proches de Dormella Tranquille, le président de cette institution en a profité pour faire jaillir la lumière sur certains mythes qui sont de nature à nuire à la bonne réputation de la Croix-Rouge haïtienne.

«Aujourd’hui, il y a la technologie, on a pu rejeter d’un revers de main les accusations graves qui pesaient sur la Croix-Rouge haïtienne dans ce dossier. Cependant, il y a quelques années, certains auraient pu croire que la Croix-Rouge haïtienne eut été responsable de la mort de Dormella Tranquille», a souligné le Dr Guito Jean Pierre.

En effet, des proches de Dormella Tranquille avaient publié sur les réseaux sociaux des informations laissant croire que la Croix-Rouge haïtienne aurait refusé de donner du sang à Dormella Tranquille, hospitalisée pour une anémie sévère. Ce cas de trop avait déclenché la colère d’une frange de la population haïtienne. Chacun y va de son triste anecdocte au sujet de cette institution. Si certains pointent du doigt l’accueil qui est de mauvaise qualité, d’autres n’hésitent pas à fustiger le comportement des responsables qui ne s’intéressent plus à la collecte de sang.

Dans ce contexte extrêmement sensible, le président de la Croix-Rouge haïtienne croit que le moment est venu d’adresser les problèmes structurels qui jonchent le chemin de cette institution. «Le problème est avant tout un problème d’éducation. La population doit savoir ce que représente réellement la Croix-Rouge, ainsi que sa mission dans la société», a fait remarquer le Dr Guito Jean Pierre.

La Croix-Rouge reçoit le sang de différents points de collecte. A priori, elle se doit d’assurer la sécurité transfusionnelle du sang qui a été collecté.

Par ailleurs, le président de la Croix-Rouge haïtienne a attiré l’attention sur le fait que tous les indicateurs sont au rouge: les acccidents de la voie publique, les plaies par balle ou à arme blanche, etc. « Pendant qu’augmentent de manière exponentielle, les cas qui peuvent entraîner des hémorragies sévères, peut-on dire que le nombre de donneurs augmente de manière proportionnelle? », s’est questionné le Dr Guito Jean Pierre.

Et pourtant, c’est la seule question qui compte, a-t-il poursuivi, avant de rappeler que la Croix-Rouge ne fabrique pas de sang. «Le sang qu’on donne, c’est celui qui a été collecté».

Dans une note publiée par la Croix-Rouge haïtienne, des papiers signés par les proches de Dormella Tranquille ont prouvé que ces derniers ont bien reçu le sang. En revanche, le processus n’est pas automatique, a fait savoir le docteur Jean-Pierre.

«En temps normal, le processus prend 45 minutes pour délivrer du de sang réquisitionné. Mais rien n’est statique, dépendamment du cas, cela peut aller bien au-delà de 45 minutes. Ceci s’explique par le fait qu’il y ait des contre-indications aux donneurs comme aux receveurs du sang à prendre en compte ainsi que des examens de base à faire, notamment en ce qui a trait à la compatibilité.”

En outre, quand il y a une chirurgie sélective, selon le Dr Guito Jean Pierre, le processus est beaucoup plus automatique. Dans le cas d’une chirurgie sélective, la date de l’intervention est connue à l’avance. Le sang est préparé et conditionné, et le patient a eu le temps de faire certains examens durant son hospitalisation. Ce n’est pas le cas lorsqu’il faut donner du sang pour une intervention d’urgence.

Par ailleurs, le président de la Croix-Rouge haïtienne a rappelé que l’institution a la capacité de collecter le sang un peu partout à travers le pays. «Si une personne ou une institution nous propose une date qui ne correspond pas à notre agenda, on peut essayer d’établir ensemble un agenda commun». Dans la même veine, le Dr Guito Jean Pierre a apporté un démenti formel au propos de ceuxx qui voulaient faire croire que la Croix-Rouge haïtienne ne manifeste pas assez d’interêt pour le collecte de sang.

«Là encore, pour le président de la Croix-Rouge haïtienne, c’est un autre problème d’éducation. Les gens ou les institutions doivent connaitre le cheminement du don de sang. Il ne suffit pas d’avoir des donneurs. Il faut tout un plateau technique à la Croix-Rouge pour collecter le sang et cela demande une certaine préparation».

Convaincu que le don du sang est un acte héroïque, il lance un appel aux institutions publiques et privées pour qu’elles aident la Croix-Rouge haïtienne dans le processus de sensibilisation. «Dans certains pays, la culture de don de sang commence à l’école. En France, durant la période estivale, certaines télévisions passent en boucle des messages en vue de sensibiliser la population à donner du sang». Le don de sang, a conclu le Dr Guito Jean Pierre, nécessite une approche multisectorielle.

Dépendamment de la sévérité du cas, seul le sang peut remplacer le sang. Pour que la Croix-Rouge haïtienne puisse en donner, le sang doit être disponible et utilisable.

Claudy Junior Pierre source le nouvelliste

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